Des pompiers sur le site où un train régional est entré en collision avec un mur effondré entre Sant Sadurni d'Anoia et Gelida, près de Barcelone, le 21 janvier 2026 en Espagne ( AFP / Josep LAGO )
La catastrophe ferroviaire d'Andalousie dimanche, un nouvel accident de train mardi en Catalogne : en à peine 48 heures, ces deux drames ont bouleversé l'Espagne, où les questions s'accumulent mercredi sur la sécurité du réseau national, pourtant classé parmi les plus performants au monde.
En Andalousie (sud), où au moins 43 personnes sont décédées dans la collision de deux trains à grande vitesse près d'Adamuz, selon un nouveau bilan des autorités, les enquêteurs examinent plusieurs pistes pour découvrir les causes de la tragédie, qui restent encore un mystère.
En Catalogne, c'est un train de banlieue en direction de Barcelone (nord-est) qui a heurté mardi les débris d'un mur de soutènement qui s'était effondré sur la voie près de la petite ville de Gelida en raison de fortes pluies.
L'accident a fait un mort et 37 personnes ont été prises en charge par les secours, dont cinq blessés graves, d'après les autorités régionales.
La circulation des trains reste "suspendue" dans la zone, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire national Adif, qui a également mis en place des restrictions de vitesse sur un tronçon entre Madrid et Barcelone.
Coup sur coup donc, l'Espagne, deuxième destination touristique au monde, a connu deux accidents majeurs, une première depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013. De plus, elle ne sait toujours pas ce qui a provoqué le plus grave d'entre eux.
- Critiques de l'opposition -
Des pompiers sur le site où un train régional est entré en collision avec un mur effondré entre Sant Sadurni d'Anoia et Gelida, près de Barcelone, le 21 janvier 2026 en Espagne ( AFP / Josep LAGO )
Le pays pleure encore mercredi ses morts de la catastrophe d'Adamuz, au deuxième jour d'un deuil national de trois jours.
Son bilan - au moins 43 morts et 37 personnes toujours hospitalisées, dont neuf en soins intensifs, selon les autorités - reste provisoire.
Au moins deux personnes manquent encore à l'appel, selon les signalements pour disparition émis par les familles des passagers.
Sur fond de polémique naissante, l'opposition s'en est prise ces dernières heures au gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez, dénonçant principalement des investissements insuffisants dans le réseau ferroviaire national.
Le dirigeant socialiste, qui a promis la "transparence absolue" sur le drame d'Adamuz, avait, de son côté, appelé les Espagnols à s'en tenir aux informations officielles face à "la désinformation".
Dans ce contexte tendu, le principal syndicat des conducteurs de train a appelé mercredi à "une grève générale" prochaine, tandis que le ministre des Transports, Óscar Puente, l'a exhorté au "dialogue" avant le dépôt de tout préavis.
- Enquête "très complexe" -
A Adamuz, petite bourgade d'Andalousie, les engins de chantier continuent de s'affairer autour des deux trains accidentés dimanche.
Ce soir-là, les trois dernières voitures d'un train allant vers Madrid de l'opérateur privé Iryo - un groupe privé détenu majoritairement par l'Italien Trenitalia - avaient déraillé et s'étaient déportées sur la voie d'à côté, heurtant violemment un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l'autre sens.
Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h, transportaient au total plus de 500 passagers.
D'après des médias espagnols, l'enquête - qui exclut l'hypothèse d'un acte de sabotage, selon le gouvernement - s'intéresse notamment à une rupture du rail de plus de 30 centimètres de long à l'endroit de l'accident.
Mercredi, le New York Times a évoqué également, photo à l'appui, la piste d'un "bogie" (chariot placé dans la partie inférieure du châssis d'un train) retrouvé dans un cours d'eau proche du lieu de la collision.
La Garde civile (équivalent en Espagne de la Gendarmerie) a confirmé la découverte dans un communiqué, tout en ajoutant que la pièce métallique, qui relie deux roues d'un train, faisait partie de "centaines d'indices" relevés sur le site.
"Soyons un peu patients !", a exhorté le ministre des Transports, Óscar Puente, en milieu de journée, défendant un processus d'enquête "long" et "très complexe", qui pourrait prendre plusieurs mois avant la publication d'un rapport définitif.
Inauguré en 1992, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays.
L'Espagne dispose aujourd'hui de 4.000 kilomètres de voies ferrées de ce type, dans un secteur ouvert à la concurrence depuis cinq ans, après la fin du monopole de l'opérateur public, la Renfe.

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